#7 Images du pouvoir aristocratique dans le monde étrusco-latin archaïque : aux origines du triomphe romain

18 mai 2016 /// Auditorium du Musée Fabre /// 18h30


NATACHA LUBTCHANSKY
Professeur d’archéologie et d’histoire de l’art antique
Université François-Rabelais de Tours,
Centre Tourangeau d’Histoire et d’études des Sources (CeTHiS, EA6298)


Lutchansky2Les palais et les temples de l’Italie centrale, bâtis entre la fin du VIe siècle et le début du Ve siècle avant J.-C., sont pourvus de décors architectoniques en terre cuite. Ainsi les plaques de revêtement, de forme quadrangulaire ont pour fonction de protéger la structure en bois du toit ; elles sont aussi ornées de scènes figurées en relief peint, assez répétitives par leur technique de série et dont le rôle purement ornemental a longtemps été retenu. On reconnaît aujourd’hui à ces décors la fonction d’exalter la classe dirigeante.

Parmi les différents motifs représentés (courses équestres, scènes de mariage, consommation du vin, défilés militaires), tous apanages des aristocraties archaïques, l’accent sera mis sur les représentations de départ à la guerre et de retour triomphal. Une attention fine aux détails de ces oeuvres permet de souligner la formation des motifs, d’approfondir leur signification et en particulier de valoriser le modèle herculéen qu’ont adopté les petits seigneurs qui ont fait édifier ces bâtiments. Ils se trouvent dans des sites étrusques mais aussi latins (Rome et le Latium), alors sous influence étrusque. Dans la perspective d’une histoire des collections de moulages, notons qu’Ingres, s’il n’a pas fait reproduire en plâtre les scènes de ces décors architectoniques, a dessiné plusieurs de ces reliefs qu’il put observer lors de son séjour italien. Ils semblent ensuite avoir servi de modèle pour son Apothéose de Napoléon Ier, exposé en 1855 à l’Exposition universelle.

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