#9 Les Ibères et les religions de leurs partenaires (Grecs et Phénico-Puniques)

Mercredi 14 juin 2017 /// Auditorium du Musée Fabre /// 18h30


Joan SANMARTÍ Professeur
Université de Barcelone


Même s’ils ont donné leur nom à la péninsule ibérique, les anciens Ibères n’en ont occupé, en fait, que la partie du lit- toral méditerranéen allant de la région de Murcie aux Py- rénées, et même, au-delà, jusqu’au Languedoc occidental. De par leur situation géographique, ces populations ont maintenu des contacts et des échanges réguliers avec les Grecs installés à Emporion (Empúries-Ampurias, sur la côte nord-est de la Catalogne) depuis le VIe s. av. J.-C., et avec les Phéniciens, dont la présence est attestée sur la côte andalouse dès la fin du IXe s. av. J.-C.. Les contacts on été particulièrement intenses avec Ebusus (Eivissa-Ibiza) à partir du Ve s. av. J-C.

Ces rapports, de nature surtout commerciale, ont provoqué l’adoption par les Ibères de plusieurs traits de la culture matérielle des Grecs et des Phénico-Puniques, mais en gé- néral les indigènes ont conservé les traits les plus impor- tants de leur propre culture. On peut même dire que, à la différence d’autres peuples, notamment les Étrusques, ils ont montré, sur plusieurs aspects, une grande froideur par rapport à la culture de leurs partenaires (par exemple, il n’y a même pas un seul emprunt du grec ou du phénicien dans la langue ibérique).

En ce qui concerne les pratiques religieuses, la plupart des manifestations connues correspondent bel et bien aux traditions indigènes, avec seulement quelques exceptions. Par exemple, les terres-cuites en forme de tête de Déméter, relativement courantes dans les sites d’habitat, mais pré- sentes aussi dans certaines sépultures, peuvent témoigner d’une idéologie religieuse proche sur certains aspects de celle des Grecs et des Puniques. Il existe aussi des temples inspirés de modèles grecs ou phénico-puniques, que l’on ne retrouve toutefois que dans quelques sites très précis que l’on peut considérer comme des ports de commerce, c’est à dire, les points de contact entre le monde indigène et les marchands méditerranéens.

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