#3 À l’aube de la monnaie métallique en Europe barbare

10 décembre 2014 /// Auditorium du Musée Fabre /// 18h30
Conférence proposée par le Musée Henri-Prades


Patrick PION,  Maître de conférence en Préhistoire,  Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, UMR 7055 du CNRS, Maison René Ginouvès


Billet de 20 kina. Banque de Papouasie Nouvelle-Guinée. L’iconographie du billet, qui n’a pas été choisie par les Néo-guinéens mais proposée par un ethnologue à la demande du gouvernement de ce pays, établit un lien entre monnaie moderne et objets traditionnels des paiements coutumiers. Les premières monnaies celtiques fonctionnaient-elles comme le premier ou comme les seconds ? ou différemment encore …

Billet de 20 kina. Banque de Papouasie Nouvelle-Guinée. L’iconographie du billet, qui n’a pas été choisie par les Néo-guinéens mais proposée par un ethnologue à la demande du gouvernement de ce pays, établit un lien entre monnaie moderne et objets traditionnels des paiements coutumiers. Les premières monnaies celtiques fonctionnaient-elles comme le premier ou comme les seconds ? ou différemment encore …

Dans le courant du IIIe siècle av. n.è., diverses populations barbares de la périphérie nord-occidentale de la Méditerranée, qualifiées de celtiques, adoptent un objet étrange venu d’ailleurs : la monnaie métallique (« coin » en anglais), dont elles calquent les premières émissions sur des monnayages hellénistiques manifestement sélectionnés, auxquels elles empruntent le métal, la technique, le type et l’étalon pondéral. On a souvent interprété ce phénomène comme l’indice du basculement, par acculturation, d’une « économie du don » vers une « économie monétaire » voire « marchande » sous l’influence des civilisations grecque puis romaine. Dans une perspective weberienne, on y a vu également le symptome de l’avènement de sociétés centralisées à caractère étatique. Mais qu’est-ce à dire ? L’adoption de la pièce de monnaie « sonnante et trébuchante » marque-t-elle vraiment l’avènement de la monnaie au sens que nous lui donnons aujourd’hui ?  Coincide-t-elle avec l’emprunt conjoint de ses usages dans les sociétés classiques ? ou bien est-ce la simple imitation d’un objet détourné de ses fonctions originelles à d’autres fins  ? Qui sont les premiers  émetteurs et quels sont les vecteurs de cette « révolution » ?

Telles sont les questions que nous aborderons et auxquelles nous tenterons d’apporter des éléments de réponse en scrutant quelques monnayages gaulois précoces à la lumière des pistes offertes par l’anthropologie économique. Derrière l’apparente unité du phénomène, un examen par grandes régions montrera que cette première monétarisation, loin d’être uniforme dans l’espace et le temps, a emprunté des chemins variés et recouvre à l’origine des réalités différentes liées à la nature des contacts établis entre « indigènes » et civilisations méditerranéennes.

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